Abbé Apollinaire
Édito de notre curé
Le Pardon : un don parfait, un don parachevé
Après avoir cheminé ensemble avec le thème de l’Espérance chrétienne, cette
année, je voudrais aborder le thème du PARDON.
C’est un sujet sensible et très délicat qui suscite des débats interminables mais
qui nous laisse toujours avec des questions sans réponses précises : que veut
dire exactement pardonner à quelqu’un ? Comment demander pardon sans
blesser l’offensé ? Tous les péchés (fautes, crimes, erreurs, offenses) sont-ils
pardonnables ? Combien de fois doit-on pardonner ? Quel lien existe-t-il entre le
pardon et l’oubli ? Le pardon est-il un acte ponctuel ou un processus ?
Le pardon: un gain ou une perte ?
Quel est l’enseignement de Jésus et de l’Église sur le pardon ?
La liste des interrogations n’est pas exhaustive. Tout cela en dit long sur
la complexité et la difficulté du thème en question. Nous essaierons de répondre
à ces questionnements tout au long de l’année sans aucune prétention de clore
le débat mais plutôt pour susciter la réflexion sur le sujet.
Pour le moment, nous allons essayer de poser un premier regard pour mieux
comprendre le pardon. Dans plusieurs langues, le pardon se réfère au mot
«don ou donner » (perdono en italien, perdón en espagnol, perdão en portugais,
forgiveness en anglais, vergeben en allemand). Le pardon s’inscrit donc dans le
registre du don et non du mérite. Il s’agit de faire un don ou de donner
gratuitement quelque chose ou mieux, d’un acte oblatif (propension à se
donner à autrui ou à Dieu sans attendre de réciprocité, se dévouer à une cause
sans arrière-pensée). Pardonner ou demander pardon est un acte désarmant. Celui qui demande
pardon se remet au bon vouloir de l’autre : il ne peut rien exiger, ni prétendre
quoi que ce soit, encore moins contraindre l’autre à pardonner ; il ne peut
qu’attendre sans savoir si cela lui sera accordé. Celui qui pardonne pose de son
côté un acte libre et volontaire sans savoir si son geste sera compris ou reconnu
comme tel, et surtout sans aucune garantie de récidive.
Le vrai pardon est un acte humainement impossible sans la grâce divine :
« sans moi, vous ne pouvez rien faire » nous dit Jésus (Jn 15,5).
Invoquons le secours divin pour entrer dans la logique du pardon.
Abbé Apollinaire Komi KOUGBALI
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